Ce que vous allez apprendre
- Plafond auto-entrepreneur 2026 : 77 700€ pour les services artisanaux
- Différences de charges entre auto-entrepreneur (22%) et EI régime réel
- Quand passer de l'auto-entrepreneur à l'EI ou à la société
- Responsabilité du patrimoine personnel selon le statut
- Impact sur la TVA : franchise vs assujettissement
Le choix du statut juridique est la première décision qui coûte cher si elle est mal prise. Pas de bon ou de mauvais statut en absolu — mais un statut adapté à votre niveau d'activité, à vos ambitions et à ce que vous êtes prêt à gérer administrativement.
💡 Ce que vous allez apprendre : les différences concrètes entre micro-entrepreneur, EI, EURL et SASU — plafonds, charges, protection du patrimoine — pour choisir le bon statut dès le départ.
Voici les quatre options qui s'offrent à vous en 2026, sans jargon inutile.
Les 4 statuts en un coup d'œil
| Micro-entrepreneur | EI (régime réel) | EURL | SASU | |
|---|---|---|---|---|
| Plafond CA | 77 700 € (services) / 188 700 € (ventes) | Aucun | Aucun | Aucun |
| Charges sociales | ~22 % du CA | ~45 % du bénéfice | ~45 % du bénéfice | ~65 % (optimisable via dividendes) |
| Responsabilité | Illimitée (patrimoine perso exposé) | Patrimoine pro séparé auto. depuis 2022 | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| TVA | Franchise sous 37 500 € (services) / 85 000 € (ventes) | Réel simplifié ou normal | Réel simplifié ou normal | Réel simplifié ou normal |
| Comptabilité | Livre des recettes uniquement | Comptabilité de trésorerie | Bilan comptable annuel | Bilan comptable annuel |
| Complexité | Très faible | Faible à modérée | Modérée | Élevée |
Micro-entrepreneur : pour démarrer sans risque
C'est le statut le plus simple qui existe. Vous créez votre activité en ligne en 15 minutes sur le site de l'URSSAF, et vous ne payez des cotisations que si vous encaissez.
Le régime micro-social fonctionne à la proportionnelle : pas de chiffre d'affaires = pas de charges. C'est l'avantage décisif pour tester une activité ou compléter un revenu salarié.
Les limites sont claires :
- Plafond de CA : 77 700 € pour les prestations de services (plomberie, électricité, peinture…), 188 700 € pour la vente de marchandises. Au-delà, passage automatique au régime réel.
- Pas de déduction de charges : vous êtes imposé sur votre CA brut, pas sur votre bénéfice. Dès que vos charges réelles (matériaux, outillage, véhicule) dépassent l'abattement forfaitaire (50 % pour les services BTP), le régime réel devient plus avantageux.
- TVA franchise : vous ne facturez pas la TVA en dessous de 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes). Au-delà, vous basculez sur le régime réel de TVA — et vos clients professionnels la récupèrent de toute façon, donc ce n'est pas un inconvénient majeur.
⚠️ Attention : les cotisations micro-entrepreneur pour les activités artisanales de services (BTP) sont de 22 % du CA. C'est simple à calculer, mais si votre bénéfice réel est élevé, le régime micro peut être moins avantageux que le régime réel où vous êtes imposé sur le bénéfice net.
Idéal pour : démarrer une activité artisanale, tester un marché, exercer en complément d'une autre activité.
EI au régime réel : plus de liberté, moins de plafond
L'entreprise individuelle au régime réel n'a pas de plafond de chiffre d'affaires. Vous déduisez toutes vos charges professionnelles réelles (carburant, matériaux, assurances, amortissement du véhicule…) et vous êtes imposé sur le bénéfice net.
La grande nouveauté depuis la loi n°2022-172 du 14 février 2022 : le patrimoine personnel est automatiquement séparé du patrimoine professionnel, sans démarche supplémentaire. Avant cette réforme, une dette professionnelle pouvait mettre en jeu votre maison. Ce n'est plus le cas par défaut (article L526-22 du Code de commerce).
💡 À retenir : depuis 2022, l'EI offre une vraie protection du patrimoine personnel sans créer de société. Pour beaucoup d'artisans qui dépassent les plafonds micro, c'est la solution la plus simple.
Les charges sociales tournent autour de 45 % du bénéfice. Si vous avez peu de charges et un bénéfice élevé, ça peut piquer. Mais à l'inverse, une mauvaise année avec peu de bénéfice = peu de cotisations.
Idéal pour : un artisan avec des charges réelles importantes, qui dépasse ou approche les plafonds micro, et qui veut rester dans un statut simple sans créer de société.
💡 Manay gère ça pour vous — devis PDF conformes, facturation, suivi chantier. Essai gratuit 14 jours →
EURL : la société simple pour protéger son patrimoine
L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL avec un seul associé. Vous créez une société distincte de vous : vos dettes professionnelles sont limitées à vos apports.
Concrètement, si un chantier tourne mal et que votre entreprise est en difficulté, vos biens personnels (maison, épargne) sont protégés — sauf faute de gestion grave.
Les charges sociales sont proches de celles de l'EI (~45 % du bénéfice), car le gérant majoritaire d'EURL dépend du régime des travailleurs non-salariés (TNS). En revanche, vous devez tenir une comptabilité complète avec bilan annuel, ce qui implique généralement un expert-comptable (comptez 1 000 à 2 500 €/an).
Idéal pour : un artisan établi qui veut protéger son patrimoine personnel tout en restant proche du fonctionnement d'une entreprise individuelle.
SASU : optimiser quand l'activité décolle
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est la société d'une seule personne avec le plus de flexibilité. La responsabilité est limitée aux apports, comme l'EURL.
La différence clé : en SASU, le président est assimilé salarié. Ses cotisations sociales sont plus élevées (~65 % sur la rémunération brute), mais il bénéficie d'une meilleure couverture sociale (retraite, arrêts maladie, chômage sous conditions).
Là où la SASU devient intéressante financièrement, c'est au-delà de 50 000 € de bénéfice : vous pouvez vous verser une partie en dividendes, soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %) plutôt qu'aux charges sociales, ce qui réduit la pression fiscale globale. Mais cette optimisation nécessite un expert-comptable pour être bien calibrée.
⚠️ Attention : ne créez pas une SASU sans accompagnement. Les frais de création, les obligations comptables et les déclarations sociales sont plus lourds qu'en EI ou en micro. Une erreur de gestion peut coûter plus cher que les économies réalisées.
Idéal pour : un artisan avec une activité solide, un bénéfice dépassant régulièrement 50 000 €, et qui veut optimiser sa rémunération sur le long terme.
Les erreurs les plus courantes
Rester trop longtemps en micro-entrepreneur. Beaucoup d'artisans dépassent le plafond de CA sans s'en rendre compte, ou gardent le régime micro alors que leurs charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire. Résultat : ils paient plus d'impôts qu'en régime réel.
Créer une SASU sans expert-comptable. La SASU est flexible, mais elle est aussi la structure qui laisse le moins de place à l'erreur administrative. Une assemblée générale annuelle, des comptes à déposer au greffe, des bulletins de salaire… tout ça a un coût si c'est mal géré.
Négliger la protection sociale en SASU. Le président de SASU qui ne se verse pas de salaire n'a pas de couverture sociale (ni retraite, ni arrêt maladie). Si vous optez pour une rémunération uniquement en dividendes pour minimiser les charges, vous vous exposez à des années blanches pour la retraite.
Croire que changer de statut est anodin. Le passage de micro à EI ou à société implique des délais (parfois plusieurs mois), des frais de création (immatriculation, rédaction de statuts…) et une transition comptable à gérer. Mieux vaut anticiper que subir.
Tableau récapitulatif : quel statut selon votre situation
| Situation | Statut recommandé |
|---|---|
| Vous démarrez, peu de charges matériaux | Micro-entrepreneur |
| Vous avez beaucoup de charges réelles | EI au régime réel |
| Vous voulez protéger votre patrimoine simplement | EURL |
| Votre bénéfice dépasse 50 000 €/an régulièrement | SASU |
| Vous voulez le moins d'administratif possible | Micro ou EI |
Sources officielles
- service-public.fr — Micro-entrepreneur
- service-public.fr — Entreprise individuelle
- urssaf.fr — Cotisations micro-entrepreneur
- Loi n°2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante
- Code de commerce, article L526-22 (séparation des patrimoines en EI)
Cet article est fourni à titre informatif. Pour votre situation personnelle, consultez un expert-comptable ou un centre de formalités des entreprises (CFE).
Vous venez de choisir votre statut et vous devez faire vos premiers devis et factures ? Manay est fait pour les artisans : devis PDF en 2 minutes, facturation liée, planning chantier intégré. Essayez gratuitement pendant 14 jours — sans carte bancaire.
Questions fréquentes
Un artisan peut-il rester auto-entrepreneur toute sa vie ?
Oui, si son chiffre d'affaires reste sous le seuil de 77 700€/an (seuil 2026 pour les services artisanaux). En pratique, beaucoup d'artisans passent en EI régime réel ou en société quand ils dépassent 60-70k€ de CA pour optimiser leur fiscalité et protéger leur patrimoine.
Peut-on cumuler auto-entrepreneur et salarié ?
Oui. Un salarié peut créer une auto-entreprise en parallèle, sauf clause d'exclusivité dans son contrat de travail. Les revenus des deux activités sont cumulés pour le calcul de l'impôt sur le revenu.
Quelle est la différence entre EI et EIRL depuis 2022 ?
Depuis la loi du 14 février 2022, l'EIRL (entrepreneur individuel à responsabilité limitée) n'existe plus pour les nouvelles créations. Le statut d'entrepreneur individuel (EI) bénéficie désormais automatiquement de la séparation des patrimoines professionnel et personnel.
Faut-il un comptable en auto-entrepreneur ?
Ce n'est pas obligatoire légalement, mais vivement recommandé dès que vous approchez les seuils de TVA ou que vous envisagez de changer de statut. Un comptable coûte 800 à 1 500€/an en auto-entrepreneur — c'est souvent rentable dès la première erreur évitée.